Excursion sur Manabe Shima, comme dans le livre

Situées dans la mer intérieure entre Honshu et Shikoku, les îles Kasaoka sont un petit archipel relié à Honshu par bateau. On y trouve plusieurs îles habitées, dont Shiraishijima (et ses plages) et Manabeshima, rendue célèbre auprès du public francophone par l’illustrateur Florent Chavouet, qui y séjourna 2 mois en 2009 afin de produire son deuxième livre sur le Japon, sobrement intitulé Manabe Shima, après l’excellent Tokyo Sanpo.

Une petite île de la mer intérieure du Japon, en proie à la dépopulation

Dans le cadre de notre séjour estival sur Shikoku, nous avons d’abord passé quelques jours dans ces îles – dont une journée sur Manabeshima, accessible depuis Shiraishijima par bateau (environ 45 minutes et 600 yen par personne). L’île ne compte plus que 200 habitants, loin des 1000 personnes de ses heures de gloire, à l’époque où Manabeshima exportait de la chrystanthème et était recouverte de cultures de fleurs. On voit en se promenant dans les rues des deux villages – Honmura et Iwatsubo – que la dépopulation touche durement cette partie du Japon. Beaucoup de maisons sont à l’abandon, leurs petits jardins envahis de plantes sauvages, et les toitures sont parfois à la limite de l’effondrement.

Balades dans la forêt et petits bouts de folklore disséminés…

Mais Manabeshima reste une destination très agréable pour une journée, qui permet de ressentir ce problème de dépopulation qui contraste avec ce qu’on peut vivre à Tokyo ou Osaka, mais aussi de profiter de chemins de randonnée dans les hauteurs (point culminant à 127 mètres), de voir les quelques petits temples et sanctuaires disséminés sur l’île, et de discuter avec les locaux ravis d’avoir des visiteurs.

Invasion de chats !

L’attraction principale reste toutefois les chats de Manabeshima qui, si ça continue, seront bientôt plus nombreux que les humains sur cette île. D’après un habitant, la population féline est montée jusqu’à 87 individus, pour se situer actuellement entre 30 et 40. Comme expliqué dans le livre de Florent Chavouet, on trouve les chats en quelques lieux stratégiques répartis sur l’île – le spot le plus populaire étant sans conteste le lieu de débarquement du bateau qui arrive de Shiraishijima, dans le port de Honmura.

Les chats de Manabeshima sont devenus si célèbres que l’île figure en bonne place dans le guide des îles aux chats du Japon.

Attention, l’offre de restauration de Manabeshima est assez limitée. On trouve deux petits restaurants à Honmura – un restaurant de poissons, et le boui-boui de Ikkyu-san, personnage présent dans le livre de Florent Chavouet. Ikkyu-san propose du poisson mais aussi des udon (600 yen) et ramen (700 yen), ainsi que quelques boissons alcoolisées, mais ses horaires d’ouverture semblent aléatoires. Par chance, dès notre arrivée sur l’île, une autre personne présente dans le livre – Atsumi, de la billetterie du port – nous a repérés et nous a proposé de téléphoner à Ikkyu-san pour le faire venir à son restaurant, quand on a demandé où on pouvait manger. Egalement à Honmura, une minuscule épicerie tenue par une mamie de près de 70 ans (à vue d’oeil) propose quelques provisions qui vous permettront de survivre, mais le plus sûr reste tout de même de ne pas venir les mains complètement vides.

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